Fin

Fin
Fin... encore une?

Fin de quoi? De l'année?
De beaucoup de choses.
Notamment de ce blog.

Je réalise que c'est d'une oreille aimante que j'avais besoin. Je l'ai trouvée en Marine. Ce blog n'a plus sa place dans ma vie, et ferait mieux de libérer de la place pour un autre plus intéressant sur le web.

Je ne vais presque plus sur facebook ni sur MSN, parce que ma vie est maintenant ailleurs: elle a trouvé son centre, ce qui la fait exister, ce qui la justifie. Je veux que toute ma vie s'y trouve désormais, et qu'il n'en reste plus une trace là où elle n'a plus rien à faire. Alors fini le quasi-no-lifisme que j'ai pu connaître: ma vie m'est venue, et je ne veux pas la laisser partir. Je vivrai jusqu'à ma mort, dorénavant, soyez-en assurés.

Je n'ai plus rien à dire sur ce blog. Qu'était-il? Le seul endroit où je croyais pouvoir parler, la seule oreille que je trouvais, mais qui souvent réagissait mal. Qu'est-il aujourd'hui? Une page sur laquelle je ne trouve plus rien à écrire, parce que tout a déjà été dit à une oreille attentive qui réagit toujours comme il faut. Que sera-t-il? Le néant. Néant dans mon coeur, il l'est déjà. Dans ma pensée et dans ma vie, bientôt. Dans les vôtres, il ne tardera pas, il l'est presque.

A ceux que ça intéresse: je suis pris en khâgne. Rien d'autre à dire.

A ceux qui ne me connaissent que par ce blog: adieu!

Et adieu, saloperie de merde de bordel de putain de blog abruti qui n'a su que me faire du mal.
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# Posté le jeudi 25 juin 2009 11:44

Veritas extrait 1

VERITAS

Chapitre I: Syromus


« Infandum, regina, jubes renovare dolorem. »
« Tu me demandes, ô reine, de raviver une indicible douleur. »
Virgile, Enéide



L'herbe était haute, bien verte et bien grasse. Les moutons paissaient dans la quiétude, sous la surveillance de leur jeune pâtre.
Syromus, un beau jeune homme aux yeux verts, respirait le courage et la tranquillité. Ses cheveux noirs étaient assez longs, et tombaient sur sa nuque, libres dans le vent frais et doux de cette fin d'après-midi. Il portait une longue tunique de berger, en laine très légèrement orangée, qui le couvrait jusqu'aux genoux, avec une ceinture à la taille. Il portait, en guise de souliers, une paire de chausses qu'il s'était lui-même fabriquées, peu élégantes, certes, mais bien chaudes en hiver, et très solides.
La journée avait été longue et fatigante. Une brebis s'était égarée sur la route, et Syromus avait dû la rechercher plus d'une heure dans la forêt pour la ramener jusqu'au troupeau. Cela arrivait parfois. De plus en plus souvent, cependant, ce qui ne manquait pas d'inquiéter le jeune homme.
Il regarda le ciel, et vit le bleu de l'horizon devenir pâle.
Du sud provenait un vent agressif, comme une tension, comme une menace. Les moutons regardèrent Syromus d'un ½il insistant.
« Ils le sentent eux-aussi, que l'atmosphère est tendue » se dit-il.
Oui, ils le sentaient. Et lui-même, s'il le sentait, n'en pouvait dire la raison. C'était dans l'air, comme une pensée, quelque chose de réel et d'absent.
Les jambes engourdies, le jeune homme posa son bâton sur le sol et s'étendit dans l'herbe. Elle était chaude, elle était douce. Le souffle des moutons, non loin, murmurait à ses oreilles une douce mélodie triste et légère, qui le rendait mélancolique. Son esprit quitta son corps, et, tandis que ses yeux restaient fixés sur l'horizon, Syromus pensait à quelque chose. D'une image, sa pensée volait à une autre, planait d'une idée vers un souvenir.
Un bêlement rappela au jeune homme l'endroit où il se trouvait. Il reprit possession de son corps et vit le museau d'un mouton se frotter contre sa manche. Il tendit la main pour caresser le maigre crâne, mais l'animal fit un bond en arrière.
Puis ses paupières devinrent lourdes. Très lourdes. Il tenta de les tenir ouvertes, et y parvint. Mais il se rendit bientôt compte qu'elles étaient fermées. Il les rouvrit, très difficilement. Les choses dansaient devant ses yeux, vagues et floues. Les sons ne faisaient plus qu'un, méconnaissable. Toute sensibilité semblait s'être dissipée. Syromus était déjà dans le sommeil, bien qu'il continuât à lutter contre : il ne fallait pas s'endormir ! Il commençait à se faire tard, il allait falloir partir, rentrer à la maison !
Mais le sommeil est une présence immatérielle possédant tout pouvoir sur nos corps, quand bien même nos esprits sont disposés à la combattre. Très vite, Syromus perdit toute conscience de ce qui l'entourait.

Une image informe se campa devant lui. Il plissa les yeux pour mieux voir. C'était un mouton. Une brebis, plus exactement. Une de celles de son troupeau, il la reconnaissait. Elle se tenait près de lui, et le regardait. Elle se mit à brouter, et à s'éloigner de lui en mangeant, s'éloigna un peu du troupeau, et trouva un endroit où l'herbe était plus savoureuse. Elle leva la tête en entendant un petit bruit sous le couvert des feuillages. Tout était parfaitement calme. Du ciel neigeaient des centaines de feuilles dorées. La brebis se remit à brouter.
Un autre bruit. Curieuse, elle entra dans la forêt.


Le chien, Grioufys, voyant son maître endormi et les moutons paisibles, se coucha. Il huma l'air, apparemment surpris par une odeur étrange, mais qui le séduisait. Il semblait en chercher la provenance. Il donnait l'impression de sentir et ressentir tout ce qui se passait dans les environs. Mais ce qu'il ne vit pas, c'est qu'une brebis, curieuse, entra dans la forêt.

Dans le rêve de Syromus, la brebis, joyeuse, gambadait dans la forêt, insouciante, dans la candeur de son jeune âge. Elle était belle, cette jeune brebis ! Elle était mignonne, tandis qu'elle sautait pour tenter de brouter les feuilles d'un arbre un peu bas ! Elle fit sourire Syromus dans son sommeil, lorsqu'elle attrapa finalement une branche et la mordit fermement, que celle-ci craqua sous son poids, et que la jeune brebis se trouva à terre, étourdie, à côté de quelques petites branches couvertes de feuilles bien vertes.
Un peu calmée par cet accident, la brebis se releva et continua sa route, s'enfonçant plus loin au c½ur de la forêt.
Au loin, entre les arbres, elle put voir le Soleil, sur le point d'être englouti par les montagnes ténébreuses. La lumière était dorée, rougeoyante, les mousses prenaient un aspect rosé, les arbres, couverts de gros lichens, semblaient plaqués d'or rose. Les branchages verts épais, qui commençaient à devenir sombres, reflétaient pour un instant, que la brebis savait très court, un éclat de Soleil rosé. Si elle avait pu en avoir une idée, la brebis se serait crue au paradis.
La lumière déclina, le rose fondit et devint noir, les ténèbres enveloppèrent la forêt. Au loin, la brebis voyait encore le ciel coloré d'un rose pâle à l'endroit où venait de disparaître le Soleil, et le blanc remplaçait le bleu au-dessus. Mais lorsqu'elle leva la tête au-dessus d'elle-même, elle constata que tout était noir. Le feuillage était trop épais, et pas une once de lumière ne descendait du ciel.


Syromus se retourna dans son sommeil. Ce mouvement, Grioufys le capta, et le chien se retrouva vite plongé dans la réalité. Il regarda les moutons et les brebis, et les vit calmes. Il regarda son maître, et le vit agité par un mauvais rêve.
Il sentit soudainement que quelque chose n'allait pas. Il regarda autour de lui, et son flair lui procura la réponse qu'il eût voulu ne pas connaître : une brebis s'était égarée dans la forêt.

Les bois étaient sombres, désormais. Elle ne voyait plus grand-chose. Ce n'était plus l'insouciante et amusée petite brebis, c'était l'animal apeuré, cherchant son chemin dans le noir, qui pourrait le ramener vers l'endroit qu'il n'eût jamais dû quitter, vers son maître et son troupeau.
Deux yeux jaunes brillèrent dans les feuillages. La brebis se figea. Sentant qu'il était démasqué, le loup jaillit de la broussaille, et sauta souplement sur l'animal pétrifié par la peur. Aussitôt sur elle, le loup la mordit à la gorge, et la brebis émit un bêlement horrible. Syromus y sentit la peur immense, la douleur déformant le timbre et rendant le cri plus rauque. Il sentit aussi l'appel à l'aide que l'animal lui lançait, à lui, lui seul qui pouvait le sauver, mais qui n'était pas là. La brebis, si faible et si fragile, était en train de mourir, toute seule, broyée par la masse poilue et noire d'un loup, la gorge déchirée, le ventre ouvert par des dents qui y cherchaient de la viande, jetant du sang dans la mousse noire.


Au moment où son chien allait le réveiller avec sa langue, Syromus vit éclater la bulle de sommeil qui l'enveloppait, et se redressa soudainement. Il vit l'air inquiet de son chien, qui le regardait avec indécision. Il regarda ses moutons, soulagé. Puis il prit peur : il manquait une brebis. Il se retourna vers la forêt. Tout n'était presque plus que ténèbres. Il saisit son bâton, et entendit le bêlement qu'il avait entendu dans son rêve. Une profonde colère disputait à la pitié et à l'angoisse dans son esprit. Il se redressa et se mit à courir vers l'ombre des arbres. Il entra dans les orties et repoussa quelques ronces avec son bâton, puis sauta le petit fossé creusé par l'eau qui s'écoulait de la forêt lorsqu'il pleuvait. Il se rattrapa sur une racine et se redressa. Il escalada rapidement la petite élévation de terre nue et déboucha très vite dans la forêt. Il se retourna, pour voir son troupeau tranquille dans le pré, derrière, en contrebas. Il se demanda si ce qu'il faisait était vraiment raisonnable, lorsqu'il entendit un autre bêlement de cette pauvre brebis. Elle agonisait. Syromus entendit même distinctement les grognements du loup qui la dévorait. Grioufys se précipita, passa entre les jambes de Syromus et disparut dans la broussaille. Le berger s'y enfonça à son tour.
L'écart entre les arbres se rétrécit peu à peu, à mesure que le jeune homme avançait. Parallèlement, les branches basses disparurent, et la visibilité devint assez bonne. Les troncs étaient minces et longs. A terre reposait une multitude de branchages secs et cassants, qui craquaient à chaque pas.
Il entendit du bruit sur la gauche, et courut dans cette direction. Très rapidement, il se trouva dans un endroit obscur, sinistre. Plusieurs troncs d'arbres pourris envahis de mousses couvraient le sol ou reposaient sommairement sur un amas naturel de terre et de bois. Les arbres, pour une grande majorité des résineux, étendaient des branches couvertes d'épines jusqu'au sol, de sorte que Syromus dût à de nombreuses reprises se pencher pour passer, se pencher parfois vraiment près du sol. Une grande toile d'araignée se présenta devant lui, entre deux branches ; de la main il la chassa et passa.
Le sol était humide et spongieux. Syromus regarda à terre, et vit qu'il n'était constitué que de feuilles et d'épines pourries. Des souches et des racines difformes et noueuses sortaient de ce tapis, couvertes de lichens verts ou orangés, de plus en plus sombres sous la lumière déclinante. Un petit ruisseau serpentait dans un espace dépourvu de tout brin d'herbe et de la moindre mousse.
Un craquement sur la gauche. Syromus se retourna, et vit un bout de bois tomber du haut d'un arbre sur le sol. Il regarda sur sa droite, et heurta en se retournant un petit tronc d'arbre sans aucune branche, parfaitement vertical, qui tomba en morceaux sous le choc. La maigre racine jaillit du sol en éclaboussant de la terre granuleuse.
Un grognement féroce en-haut de la colline. Comme une lutte. Syromus continua alors à s'enfoncer dans la forêt, et gravit la pente en courant. Craignant pour son chien, il appela :
« Grioufys ! Grioufys ! Reviens ! »
Il arriva au milieu d'une multitude de minuscules sapins. Des jeunes arbres qui ne dépassaient pas les soixante centimètres. Ils recouvraient un espace de quelques dizaines de mètres. Puis Syromus poussa un arbuste aux feuilles piquantes, et se retrouva dans un espace plus découvert. La lumière arrivait de nouveau, mais devant lui, et non derrière. Il avait presque atteint le sommet de la colline, et le ciel était de nouveau visible entre les troncs d'arbre.
Il vit sur la droite une touffe de poils noirs, comme la queue d'un loup. Tremblant, il s'assura que sa prise sur le bâton était parfaite, et s'avança, le bout de bois tenu comme une lance, droit devant lui. A pas prudents, le visage bouillant de rage, Syromus se rapprochait. Dès qu'il fut à portée, il frappa derrière l'arbuste, là où se cachait l'animal, croyant déjà voir les yeux luire dans le noir, les griffes et les crocs sortir, l'animal lui bondir dessus pour le dévorer. Mais rien ne se passa. Contre toute attente, tout resta calme.
Surpris, le berger fit un écart pour passer à côté du buisson, et vit le loup étendu sur le sol, la bouche ouverte, les babines et les crocs dégoulinant de sang, de même que le flanc, parsemé de flèches. Du sang recouvrait la mousse et le tronc des arbres. Tout était rouge, horrible. Mais la brebis n'était pas là.
Syromus se retourna pour vomir.
Voulant savoir d'où provenaient ces flèches, il reprit sa route, toujours plus vers le sommet de la colline.

# Posté le samedi 09 mai 2009 09:07

Re

Discussion par mail avec Bénévent, rien n'est fixé mais je crois que je vais refuser leur contrat.
Pour Baudelaire, j'ai déjà refusé leur 2ème proposition de contrat.

Nouveaux envois: Amalthées et Gallimard Jeunesse, par mail.

Envois prochains: Thélès, le Dilettante, Edition des Deux Terres, par la voie postale.

Première impression complète, avec reliure, réalisée cette semaine. Marine a déjà lu les trois premiers chapitres et semble fan.

J'ai envisagé de me créer un site internet pour y mettre des extraits et me faire ma propre promotion en espérant attirer peut-être un éditeur... ça se fait dans la musique, pourquoi pas dans l'écriture?? Mais j'hésite encore...

Je vais poster ici les premières pages, pour les soumettre à vos jugements.
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# Posté le samedi 09 mai 2009 08:59

Veritas

Deux maisons d'édition ont repris contact avec moi pour dire qu'ils sont prêts à négocier les prix: les éditions Bénévent et les éditions Baudelaire.
Je vais négocier, on verra bien.

Pardon Ivan mais t'es le seul à avoir voté + plus internet hormis quand je rentre chez mes parents, ce qui est très rare...
Et quand j'y suis, j'ai pas mon roman... mais je tâcherai de le mettre bientôt, tkt!
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# Posté le vendredi 01 mai 2009 15:59

Ah!

Si, j'avais oublié : agressé vendredi sur le viaduc en me dirigeant vers chez moi, où les autres m'attendaient pour faire une soirée. Je me suis défendu, donc je me suis fait casser la gueule, mais Marine n'a rien pris, et s'ils ont failli me jeter du haut du viaduc, ils n'y sont pas parvenu, donc pour ces deux résultats je suis satisfait. Le lendemain j'avais la trouille en me baladant en ville, mais c'est très vite parti. Les traces sont encore là, mais plus pour bien longtemps... maintenant j'ai plus envie d'en rire quand je repense à ces gars qui placent toute leur vie dans leur force physique, ne comprenant pas qu'un jour d'autres seront plus forts qu'eux, et qu'alors la force réside ailleurs que dans les muscles. Une petite pensée : chacun place sa confiance en quelque chose, même inconsciemment. Moi, c'est en Dieu. Je le crois plus fort que leurs poings.

Heureusement que je me suis défendu: s'ils avaient touché à Marine... je crois qu'il y aurait eu quelques visages cassés sur le goudron (pas trop dur: ils ne pouvaient pas s'y attendre, et le fait est qu'en voulant me mettre à terre, y en a un qui s'est retrouvé sur le dos et moi je suis resté debout : si j'avais été plus violent...) et je m'en serais voulu à vie... Donc je crois sincèrement que ce qu'il s'est passé est le mieux qu'il pouvait arriver dans ces conditions, pour tout le monde.

Hop, faut que j'y aille, moi^^
A bientôt, de nouveau!

# Posté le mercredi 08 avril 2009 11:20